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Journalisation pour clarifier vos pensées

Comment utiliser l’écriture pour démêler vos préoccupations et identifier les vrais problèmes. Un exercice que vous pouvez commencer ce soir.

8 min Débutant Mai 2026
Carnet de journal avec stylo sur une table en bois avec café et bougie allumée
Isabelle Moreau

Auteure

Isabelle Moreau

Directrice Pédagogique et Expert en Bien-être Mental

Psychologue clinicienne spécialisée en résilience et gestion du stress pour les professionnels, avec 14 ans d’expérience et plus de 2 800 accompagnements réussis.

Pourquoi écrire quand on est submergé

Vous avez une liste de soucis qui tourne en boucle dans votre tête. Le travail, la famille, l’argent, les décisions qui traînent. C’est comme avoir dix onglets ouverts dans le navigateur — impossible de se concentrer. Ça vous épuise.

La journalisation, c’est simple : vous écrivez ce qui vous préoccupe. Pas pour montrer à quelqu’un d’autre. Pour vous. Et là, quelque chose de bizarre se produit. Une fois que c’est sur le papier, votre cerveau peut respirer. Les pensées arrêtent de boucler.

Pendant 14 ans, j’ai accompagné des professionnels qui se disaient « je n’ai pas le temps pour ça ». Mais après trois sessions, ils me disaient : « Je dormis mieux depuis que j’écris ». Ce n’est pas magique. C’est juste votre cerveau qui peut enfin traiter l’information.

Femme assise à son bureau, écrivant dans un carnet, lumière naturelle du matin, expression concentrée et calme

Comment commencer en 10 minutes

Carnet ouvert avec stylo, tasse de café, sur une surface en bois clair avec cahier d'exercices, ambiance calme et minimaliste

Vous n’avez besoin que d’un carnet et d’un stylo. Pas d’application, pas de mise en page parfaite. Juste vous et vos pensées.

Les trois étapes

  1. Vider votre tête (3-4 minutes). Écrivez tout ce qui vous préoccupe sans structure. Les petites choses comme les grosses. « Je dois envoyer cet email. Maman m’a appelé hier et j’ai pas rappelé. L’échéance de mercredi me stresse. » Pas de ponctuation, pas de phrases parfaites.
  2. Identifier les vraies préoccupations (3-4 minutes). Relisez ce que vous avez écrit. Surlignez ou encerclez les trois choses les plus importantes. Souvent, les vraies préoccupations sont deux ou trois maximum.
  3. Une action par problème (2-3 minutes). Pour chacune de vos trois préoccupations, écrivez une action concrète. Pas « gérer le stress ». « Envoyer l’email demain à 14h. Appeler maman jeudi soir. Diviser l’échéance en trois tâches. »

Important : La journalisation est un outil de clarification et d’organisation personnelle. Ce n’est pas un traitement médical ou psychologique. Si vous avez des troubles anxieux ou dépressifs persistants, consultez un professionnel de la santé mentale.

Ce qui se passe vraiment dans votre cerveau

Quand vous écrivez, vous faites deux choses à la fois. D’abord, vous externaliser les pensées — elles quittent votre tête et se retrouvent sur le papier. C’est déjà un soulagement. Ensuite, vous les organisez. Écrire force votre cerveau à structurer ses pensées de manière linéaire.

Les pensées qui tournicotent sont chaotiques. Elles se chevauchent. Mais une fois écrites, vous pouvez les voir clairement. Et voir clairement, c’est la moitié de la solution.

Beaucoup de gens disent : « Je sais déjà ce qui me préoccupe, pas besoin d’écrire. » Vrai. Mais il y a une différence entre « savoir » et « avoir trié ». Quand vous écrivez, vous triez vraiment. Vous séparez l’urgent du non-urgent, le contrôlable de l’incontrôlable.

Mains tenant un stylo au-dessus d'un carnet ouvert, papiers dispersés autour, plans et notes, lumière douce, vue de dessus

Pièges courants et comment les éviter

Personne assise avec tête dans les mains, frustrée, feuilles blanches vierges sur le bureau, ambiance de stress et confusion

Le piège numéro un ? Attendre le moment parfait. « Je vais journaliser quand j’aurai plus de temps. » Ce moment n’arrive jamais. Commencez ce soir. Dix minutes, c’est suffisant.

Le piège numéro deux ? Vous censurer. Vous écrivez « Je suis stressé » au lieu de « Je suis stressé parce que j’ai peur d’échouer et j’ai l’impression que personne ne m’aide. » Plus c’est honnête, plus c’est utile. Personne ne lira ça.

Le piège numéro trois ? Écrire sans action. Vous videz votre tête, c’est bien. Mais si vous n’identifiez pas une action concrète, rien ne change. La journalisation sans action, c’est juste du complaining sur papier.

Trois façons de faire que ça tienne

Vous avez essayé une fois et vous avez aimé. Mais comment faire que ça devienne une habitude ?

Option 1 : L’ancrage quotidien. Écrivez chaque matin avec votre café. Ou chaque soir avant de dormir. L’important, c’est de lier la journalisation à quelque chose que vous faites déjà. Café + journal = habitude.

Option 2 : Une journée par semaine. Vous n’avez pas besoin de journaliser tous les jours. Une fois par semaine, 20-30 minutes le dimanche soir. Vous y voyez plus clair pour la semaine qui arrive.

Option 3 : Lors des crises. Vous n’écrivez que quand vous êtes vraiment submergé. C’est moins régulier, mais c’est déjà utile. Certains jours, vous en avez besoin. D’autres jours, non.

Calendrier avec marques sur plusieurs jours, carnet à côté, symbole de routine établie, table de travail organisée

Commencer ce soir

Vous n’avez pas besoin d’attendre. Pas de formation, pas d’application, pas de préparation. Un carnet, un stylo, dix minutes. C’est tout.

Les pensées qui tournent ne vont pas partir toutes seules. Mais une fois que vous les avez écrites et triées, votre cerveau peut enfin respirer. Et c’est là que les vraies décisions commencent.

Essayez ce soir. Vous verrez.